« Stephen Curry, la révolution » : les secrets du tueur au visage d’enfant

La réussite de Stephen Curry (Golden State Warrior), bâtie à force de travail et d’abnégation, est racontée dans un livre : Stephen Curry, la révolution. 

L’histoire

Dernières secondes de la prolongation entre Golden State et Oklahoma City, un soir de février 2016. Stephen Curry (Golden State Warriors), déjà auteur de 43 points, remonte le ballon avant de s’arrêter net à 11,50 m du cercle et de trouver la mire. Le MVP de la saison régulière2vient d’inscrire son douzième tir à 3 points du match. Stephen Curry, la révolution débute en racontant ce match avant de conclure l’introduction : « La fragilité, la capacité à tuer un match, les milliers d’heures de travail, le culot, la perfection du geste. C’est cette histoire que ce livre propose de raconter. » (p. 17)

La promesse est tenue. L’enfance de Curry, son rapport à son père ancien joueur NBA, ses exploits en basket universitaire, les années dorées avec Golden State. Thomas Berjoan, spécialiste du basket, revient avec talent sur l’histoire du nouveau chouchou de l’Amérique.

Le buzzer du match Golden State-Oklahoma

Pourquoi on a voulu en parler

Pour tous les amateurs de basket, Stephen Curry est l’un des protagonistes majeurs d’une des séries américaines les plus intenses : la NBA. Après 82 matches de saison régulière et une trentaine en play-offs, la star des Warriors s’est hissée pour la 4e saison consécutive en finale et a remporté sa 3e bague NBA. Pourtant, malgré un match avec 9 tirs à 3 points réussis – un record en finale – et une autre rencontre avec 37 points inscrits, Stephen Curry n’a toujours pas remporté le titre de meilleur joueur des finales… Comment le double MVP de la saison régulière n’a-t-il jamais pu remporter le titre de MVP des finales ?

Au-delà du fait de donner des éléments de réponse aux téléspectateurs insomniaques, Stephen Curry, la révolution permet de comprendre et surtout d’humaniser la star de la NBA. En effet, la succession des rencontres et des performances de haut vol peut pousser à banaliser l’exploit, surtout quand le décalage horaire est plus propice à regarder des highlights que l’intégralité des matches. Or, cet ouvrage s’attache à donner du sens à ces prestations, tout en ravivant les souvenirs parfois enfouis dans la mémoire des fans.

Le temps fort

Maudite cheville droite ! Joueur prometteur à son arrivée dans la ligue en 2009, Stephen Curry doit régulièrement s’absenter des parquets à cause de blessures à la cheville. Le spectre d’un destin à la Grant Hill – ailier destiné à devenir la future star de la NBA dont la carrière a été ruinée à cause d’une succession d’entorses mal soignées – plane sur la carrière de Curry. Deux hommes vont contribuer à l’éviter : Richard Ferkel et Brandon Payne. Le premier est chirurgien en Californie et, en avril 2012, il s’évertue à « gratter, nettoyer et aspirer la cheville de Curry » (p. 166).

Le second, Brandon Payne, est coach personnel de basket et commence à travailler dès l’été 2012 avec le joueur. Exercices avec des ballons de 3 kilos, tirs avec des lunettes stroboscopiques, utilisation de jeux de lumière… Il exploite à fond la capacité de travail de Curry. Objectif : « noyer le cerveau pour le forcer à progresser dans sa prise de décision en situation de stress » (p. 179). Les shoots venus d’ailleurs de Stephen Curry, sa confiance inébranlable et sa capacité à shooter quelles que soient les circonstances viennent de là. « La rapidité et la facilité avec laquelle il s’améliore, c’est effrayant, explique Brandon Payne. Je ne sais pas où se situe sa limite. Pour l’instant, je ne le vois pas. »

L’extrait

« Il semble évident que Curry, dans un bon soir, serait capable d’aller chercher la marque des 81 points de Kobe Bryant, établie le 22 janvier 2006 contre Toronto (…). Mais le double MVP cherche autre chose. L’harmonie du groupe. La victoire. Les titres. Il est d’ailleurs le premier à se mettre en retrait quand un autre de ses coéquipiers est en réussite. Agressif au possible par séquence, Stephen Curry reste un bon camarade. Parfois même trop, pour le bien de son équipe. » (p. 244)

Pour aller plus loin : comprendre le shoot à la sauce Curry

Infographie diffusée par le Wall Street Journal en décembre 2014

Stephen Curry, la révolution, de Thomas Berjouan, édité aux éditions Marabout, 285 pages, 19,90 €

  1. .Most Valuable Player : le meilleur joueur d’une compétition. En NBA, le titre de MVP est attribué deux fois : au meilleur joueur de la saison régulière (82 matches) et au meilleur joueur des finales NBA.
  2. .Most Valuable Player : le meilleur joueur d’une compétition. En NBA, le titre de MVP est attribué deux fois : au meilleur joueur de la saison régulière (82 matches) et au meilleur joueur des finales NBA.

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