ÉDITO. Le contre-pied

Dans cette 14e édition, Sport&Associés a décidé de surprendre en détournant une phrase bien connue du grand public.

« L’important, c’est les trois points. » Qui n’a jamais entendu cette phrase ? Synonyme de victoire, ces trois petits points ont complètement décérébré joueurs, entraîneurs, directeurs sportifs, présidents, supporteurs et surtout journalistes, n’en déplaise à Pascal Praud, RMC et autres chaînes d’info en continu.

En effet, il y a d’un côté ces individus toujours prompts à poser les mêmes questions – à savoir les plus creuses – aux moments les plus délicats. Ceux-là mêmes qui ne comprennent toujours pas qu’on leur rétorque les mêmes phrases pour s’assurer un peu de tranquillité, à l’image du « je suis venu juste pour ne pas prendre d’amende », de Marshawn Lynch (NFL). Et, en parallèle de ces phrases apprises par cœur qui ont vocation à rassasier l’appétit vorace d’un métier affamé de vide, il y a ces entraîneurs et formateurs qui ont complètement oublié l’essence même du football : le jeu.

Or, comme dit le lutin à Alain Chabat dans Santa&Cie, un jouet est un bon jouet si c’est joyeux quand on le fait. C’est pareil dans le sport. Comment peut-on prendre du plaisir sur un terrain quand le seul objectif est d’accumuler des points comme l’oncle Picsou empile ses pièces ? Comment appréhender un sport uniquement à travers le prisme de son résultat comptable ? Quand le fond se détache de la forme, ça donne souvent des matches insipides et des entraîneurs qui ne pensent pas leur sport.

Contre-pied

C’est pourquoi Sport&Associés prend le parti, dans cette 14e édition, du contre-pied. Nous aurions pu livrer une newsletter axée sur le football, mettant en avant les oppositions de style entre les « pragmatiques » et les « idéologues » du jeu : Mourinho contre Guardiola, Bielsa contre le reste du monde, l’héritage Cruyff, la révolution Sacchi, etc. Trop monocorde, bien que passionnant dans le fond. Alors, si dans « D’où viennent les 3 points ? », nous revenons très sobrement sur la genèse et les conséquences du passage de 2 à 3 points, il s’agit de la seule présence footballistique dans ces colonnes.

Pour le reste, nous vous proposons une sélection ultra-subjective de ce que cette phrase – « l’important, c’est les 3 points » – évoque pour la rédaction de Sport&Associés. Dès lors, impossible de passer à côté d’un décryptage du nouveau visage qu’a pris le basket américain. « NBA : shoot ou crève » revient ainsi sur la recrudescence à outrance du tir à 3 points, devenu axe central – pour ne pas dire unique – du jeu aux États-Unis.

Attachée à se détacher le plus possible des sujets convenus, la rédaction de Sport&Associés s’est permis quelques libertés. Pourquoi rester cantonné à une seule orthographe ? Pourquoi ne pas accorder au féminin ? Ce sera donc « les pointes » et « les poings ».

Combats

Dans « L’important, c’est les 3 poings », c’est un autre genre de préoccupation qui est mis en lumière, sous forme de bandes dessinées. S’appuyant sur l’image de Tommie Smith, John Carlos et Peter Norman sur le podium du 200 mètres des Jeux olympiques de Mexico (1968), l’article revient sur le climat social et les mentalités qui y règnent. Des poings symboliques pour le combat d’une cause : les droits civiques des Noirs.

Quand on parle de combat, difficile de ne pas penser prosaïquement aux sports du même du nom. D’où « Cutman, maquilleuse de boxeurs » qui dévoile une profession peu connue des amateurs de boxe anglaise ou de MMA. En effet, tous ceux qui ont déjà regardé ou assisté à un combat voient de qui il s’agit – celui qui enduit le boxeur de vaseline entre les rounds – sans pour autant s’être posé cette question : « C’est qui lui au juste ? » Cutman, c’est celui que tout le monde voit, mais que personne ne regarde vraiment. Éclairage sur une profession peu connue.

Des bagarres et de l’art

Dans la famille des sports de bagarre, il y en a un qu’on ne pense pas forcément piocher : le hockey sur glace. « Poings donneurs » dévoile ainsi la face cachée d’un sport où la violence est mise sur un piédestal. Composantes culturelles du hockey, les bastons ne sont en rien un problème subi et combattu par les autorités, à l’instar des hooligans dans le foot. Bien au contraire, cet aspect est même entretenu par les décisionnaires et acclamé par les supporteurs de la NHL. Immersion dans une discipline aux codes surprenants.

Enfin, « Pointes, le prix de la grâce » met à l’honneur les danseuses classiques et leur rapport si singulier à leurs chaussons. Véritable passeport vers la grâce, les pointes exigent énormément des jeunes danseuses. Physiquement, techniquement, mentalement. Et ce, quel que soit leur niveau, de l’amateur à l’étoile. Pour elles, l’essentiel ne tient ni dans 3 poings ni à 3 points. Pour elles, l’important, c’est leurs deux pointes. Un point, c’est tout.

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