PRP : une potion magique pour vos articulations

« Un kilomètre à pied, ça use, ça use ! Un kilomètre à pied, ça use les souliers ! » Tout le monde le sait. Ce qui est peut-être moins connu, c’est que – encore plus que les souliers – ce sont nos chères articulations qui sont rongées de l’intérieur par notre activité physique.

Il ne se passe pas un jour sans que genoux, coudes, tendons et autres parties du corps s’abîment. Si les causes sont variées (excès de sport, surpoids, mauvaises postures, patrimoine génétique), le résultat est toujours le même : la dégradation des articulations. Et ça peut faire très mal. Ainsi, lorsque les douleurs et raideurs apparaissent puis s’installent au quotidien, il n’y a plus rien à faire.

Une réalité inéluctable jusqu’à l’apparition du plasma riche en plaquettes (PRP), technique visant à donner aux articulations une seconde jeunesse. Rafael Nadal (tennis), Tiger Woods (golf), Peyton Manning (NFL) ou encore Kobe Bryant (NBA) ont notamment eu recours, avec succès, au PRP. Pour autant, cette méthode de traitement n’est pas circonscrite aux athlètes de haut niveau. Présentation.

Depuis près de 20 ans, la médecine essaie de régénérer les éléments du corps qui s’abîment : cartilage, tendons, ligaments, muscles. La science allant toujours de plus en plus vite, elle a mis au point la technique du PRP qui permet la guérison de ce type de lésions. Dans la majorité des cas, ce sont surtout les lésions du cartilage – plus fréquentes que les autres – qui sont traitées par le PRP. Cette méthode est donc particulièrement indiquée en cas d’arthrose.

L’arthrose, c’est l’usure du cartilage. Maladie dégénérative, elle se caractérise par des douleurs et gênes fonctionnelles – s’asseoir, courir, monter des escaliers – qui augmentent avec le vieillissement.

Tout le monde ! Selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), l’arthrose touche environ 10 millions de personnes en France, dont 65 % des plus de 65 ans. Pour autant, si on associe souvent le mot « arthrose » aux séniors, n’importe qui peut en être victime. Ainsi, de nombreux facteurs peuvent provoquer son apparition chez de jeunes adultes : la pratique du sport, la nutrition, le surpoids, ou encore le capital génétique. Certains accidents peuvent également développer de sérieux cas d’arthrose.

Les os du corps humain sont recouverts au niveau des articulations par du cartilage, une substance dont l’une des vertus est d’amortir les chocs. Malheureusement, le cartilage n’est pas traversé par des vaisseaux sanguins et ses cellules ne se multiplient pas. Si le vieillissement le fait disparaître petit à petit, certaines pratiques sportives accélèrent sa détérioration jusqu’à provoquer sa destruction. En cas de blessure, le cartilage cicatrise lentement et, dans certains cas, se répare très mal, voire pas du tout.

Le plasma est la partie du sang dans laquelle se trouvent les globules rouges, globules blancs et plaquettes. Ces dernières sont des cellules sans noyau qui possèdent des facteurs de cicatrisation et de croissance. Ainsi, la technique du PRP consiste à stimuler les facteurs de cicatrisation et de croissance, afin de favoriser la cicatrisation et la reconstruction des cellules abîmées. 

« De manière générale, le plasma d’un patient contient entre 200 000 et 350 000 plaquettes. Dans le cadre du PRP, on procède à une centrifugation du plasma du patient – dont on a uniquement conservé les facteurs de cicatrisation et de croissance – afin d’obtenir une solution qui comporte 5 à 10 fois plus de plaquettes. On se retrouve ainsi avec un maximum de facteurs de cicatrisation et de croissance dans un minimum de sang. Enfin, pour la dernière étape, on injecte ces plaquettes naturellement enrichies au niveau de la zone à réparer. Tendons, cartilage ou ailleurs », explique le docteur Jean-Luc Renevier, rhumatologue et précurseur du PRP en France.

Centrifugation du plasma afin d’augmenter le nombre de plaquettes. Crédit : DR.

« Il n’y a aucun risque ! C’est le sang de la personne traitée qu’on lui réinjecte. Sans rien y ajouter. D’ailleurs, la loi française est très stricte à ce sujet : le patient ne doit jamais perdre de vue son sang. C’est pourquoi toutes les manipulations se font devant lui », assure Jean-Luc Renevier.

En réalité, il existe deux « risques ». Le premier est d’ordre septique. En effet, comme pour toute infiltration, il y a toujours un risque d’infection, indépendamment de la technique du PRP en tant que telle. Le second est relatif à la douleur qui peut s’avérer particulièrement intense lorsqu’il s’agit de traiter les tendons.

Le PRP stimule les facteurs de cicatrisation et de croissance présent dans le sang. Crédit : DR.

Malheureusement, le traitement par PRP n’est pas pris en charge par la Sécurité sociale en France. La « faute » à l’acide hyaluronique, utilisé pour soigner les articulations du genou, qui était remboursé jusqu’en décembre 2017. Supposé ralentir – voire stabiliser – la dégradation du cartilage, ce traitement s’est montré supérieur à ceux des placebos selon de nombreuses études. Pourtant, d’autres études établissent que les injections à base d’acide hyaluronique n’ont pas réussi à prouver leur efficacité réelle. D’où le déremboursement de cette pratique prise en charge depuis 2001. Du coup, le PRP est mis dans le même sac.

À la suite de cette décision, la société française de rhumatologie s’est penchée de manière plus active sur le PRP et ses vertus. Logiquement, cette nouvelle méthode de traitement devrait se démocratiser dans les années à venir.

Au niveau du prix, il faut compter entre 200 et 600 euros, prise de sang, centrifugation et injection incluses.

Le docteur Jean-Luc Renevier se veut rassurant quant à la durée et la réussite du traitement : « Sur plus de 200 patients traités dans le cadre d’une arthrose du genou, j’ai pu distinguer deux types de cas. Lorsque le genou est sec, 2 injections par an, voire 3, sont suffisantes. Si la régénération du cartilage est amorcée, il n’y a alors plus besoin de poursuivre le traitement les années suivantes. En revanche, s’il y a du liquide, une première injection, puis une deuxième dans les 15 à 30 jours est obligatoire. Deux rappels – 6 mois et un an plus tard – sont ensuite nécessaires. »

Le PRP s’applique à tout le monde et à tout âge, mais attention, il n’est en aucun cas préventif. Quand le patient se plaint, on lui fait passer des examens et, généralement, une radio suffit pour détecter l’usure et le niveau de dégradation du cartilage. Ensuite, c’est au médecin de décider quel est le bon traitement à suivre, en fonction de l’avancement de l’arthrose. « Il existe quatre stades définis par Kellgren et Lawrence. Aux deux premiers niveaux, le cartilage est peu atteint et le PRP fonctionne de manière extrêmement efficace et inégalée. En revanche, au niveau 4, c’est-à-dire lorsque l’articulation ne possède que peu, voire plus de cartilage, la meilleure solution est d’opérer et poser une prothèse », précise Jean-Luc Renevier.

Les instances n’ont pas reconnu le PRP comme dopant. Celui-ci ne fait que stimuler les cellules naturelles déjà présentes au niveau des tendons et du cartilage. Il ne dope pas, il cicatrise. « On ne va pas améliorer les performances d’un patient avec le PRP. Aucune substance externe n’est injectée dans son sang. On ne stimule pas son organisme de sorte à améliorer ses qualités et le faire aller au-delà de ses performances physiologiques. On restaure juste une lésion. On essaie de rendre à une articulation son état antérieur », développe le docteur Jean-Luc Renevier qui soigne également de nombreux athlètes.

  • Rafael Nadal : 17 titres du Grand Chelem
  • Tiger Woods : 14 Majeurs
  • Hines Ward : 2 Super Bowl
  • Troy Polamalu : 2 Super Bowl
  • Peyton Manning : 2 Super Bowl
  • Kobe Bryant : 5 titres de champion NBA
  • Stephen Curry : 3 titres de champion NBA
  • L’arthrose du genou
  • La déchirure du rotateur de l’épaule
  • L’aponévrosite plantaire
  • Ligament croisé antérieur
  • Entorse de la cheville
  • Entorse du genou
  • Ligament étiré, ligament déchiré
  • Tendinites
  • L’épicondylalgie du coude
  • Différentes douleurs à la nuque, au dos et au bassin

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