Et si… Floyd Mayweather avait perdu ?

Invaincu en carrière (50 victoires, 0 défaite), Floyd Mayweather aurait eu un parcours diamétralement opposé en cas de défaite contre Oscar de la Hoya. Récit.

Le 5 mai 2007, la boxe a changé de visage. Ce jour-là, Floyd Mayweather sort vainqueur de son duel face à Oscar de la Hoya, propulsant le noble art dans une ère où seuls règnent l’ego et l’argent. Le premier se résume à travers le bilan de Mayweather (50 victoires pour 0 défaite) et son goût particulier pour le choix de ses adversaires, souvent trop vieux ou trop inexpérimentés. Quant à l’autre, il se symbolise par les 120 millions de dollars générés face à Oscar de la Hoya. Un record à l’époque. D’ailleurs, c’est depuis ce combat que Floyd Mayweather a laissé tomber le surnom de « Pretty Boy » pour épouser celui de « Money ».

Jusqu’à la fin de sa carrière en 2017, chacune de ses apparitions sur les rings ou ailleurs – au catch à la WWE ou dans Danse avec les stars – devient alors synonyme de gros cachet et de spectacle médiatique, pour le meilleur et pour le pire. La réputation et le règne de Floyd Mayweather alimentent l’un des fantasmes les plus excitants du sport : et s’il avait perdu un combat ? CE combat…
Chez Sport&Associés, on pense que l’histoire moderne de la boxe s’en serait trouvée totalement bouleversée. Voyez plutôt…

(Attention, tout ce qui suit n’est que pure fiction.)

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Désillusion

« Les trois juges ont tous scoré ce combat 115-113. Déclarant le vainqueur par décision unanime… Et toujours champion du monde super welters, Oscar de la Hoya ! » Floyd Mayweather agite la tête, la mine déconfite, les yeux orientés vers le plafond du MGM Grand à Las Vegas, comme pour éviter de croiser le regard de quiconque. La rage qui l’habite à cet instant pourrait le faire cogner n’importe qui. Cette défaite vient briser son rêve d’achever invaincu sa carrière et ainsi marquer de son empreinte les livres de boxe, tel le visage de Benjamin Franklin frappant les billets de 100 dollars. « Ces juges ne connaissent rien à la boxe. Je sais que j’ai dominé du premier au dernier son de cloche. Je me suis fait voler ! » clame Floyd Mayweather haut et fort sur le ring lors de l’interview d’après-match.

Et alors qu’il s’engouffre dans les couloirs pour se rendre à son vestiaire, la télévision américaine débriefe. Sur le plateau, le légendaire Roberto Duran, son boxeur préféré, profère des mots qui le blesseront à jamais et transformeront radicalement toute sa carrière ainsi que son approche de la boxe : « Il vole comme un pigeon, pique comme une larve et, mon Dieu, il ne cogne jamais ! »

Au cours de leur « vrai » combat, de la Hoya n’a touché Mayweather que sur 122 de ses 587 coups (21%) envoyés. Crédits : Al Bello / Getty Images North America / AFP

« Plus personne ne sera en sécurité ! »

Des mois plus tard, ces mots résonnent encore dans la tête et les gants du natif de Grand Rapids (Michigan). Lésé, humilié, trahi, il abandonne tous ses idéaux et se reconstruit à travers une boxe agressive, jetant à la poubelle son sourire de « Pretty Boy » pour épouser un masque d’une violence rare. « Tant que je boxerai, personne ne sera en sécurité ! Du champion mouche au champion poids lourd, j’ai un message pour vous : entraînez-vous comme si votre vie en dépendait parce que j’arrive ! » déclare-t-il devant les caméras du média people TMZ venu le voir à l’entraînement.

Et l’Américain tient parole. Lui qui voulait faire du cash et rester invaincu ne pense désormais plus qu’à accumuler les scalps. Et venger son rêve brisé. Il fait tomber les gloires, amasse les ceintures et envoie au tapis les meilleurs dans plusieurs catégories. Il triomphe de Manny Pacquiao au terme d’un bain de sang de 12 rounds. Un combat épique devant une foule en délire, résumé par cette image de Floyd qui, à 10 secondes du son de cloche final, crache son protège-dents avant de se jeter comme une furie sur son adversaire. Dans l’effervescence du combat, l’arbitre ne voit rien du geste du boxeur américain, mais l’image fait le tour du monde. Quelques mois plus tard, il terrasse Shane Mosley d’un crochet si fort qu’il est mesuré par les experts comme étant le K.-O. le plus puissant depuis l’ère Mike Tyson…

 

« MadWeather »

C’est le combat face à Victor Ortiz qui incarne le « nouveau » Floyd Mayweather. Malmené par son vis-à-vis dans la 4e reprise, il disjoncte complètement à la suite d’une intervention de l’arbitre pour un coup bas. À la reprise, il se lance corps et âme sans aucune garde sur Ortiz, envoyant des coups dans tous les sens. Ce dernier, surpris, tente de se protéger tant bien que mal avant de, finalement, s’effondrer sous la pluie d’impacts. Mais Floyd a les yeux rouges et continue de tabasser son adversaire au point que l’arbitre plonge sur Ortiz pour le couvrir, tandis que les entraîneurs se mettent à quatre pour le museler.

Max Kellerman, journaliste phare de la boxe sur la chaîne américaine ESPN, lancera à l’antenne une phrase iconique qui donnera à Mayweather son nouveau surnom : « Il est possédé ! Je n’ai jamais vu un boxeur hanté de la sorte ! Floyd « Pretty Boy » Mayweather est mort. L’homme que vous voyez sur le ring répond au nom de Floyd « Mad » Weather. »

« MadWeather » fera subir un sort identique à d’autres grands personnages de la boxe : Marquez, Alvarez, Maidena, Cotto, Hatton, Williams, Margarito, Khan, Lara, Bradley… Des poids plumes aux poids moyens, tout le monde y passe. L’Américain nettoie les divisions une par une et ses combats deviennent plus cultes les uns que les autres.

L’appel du MMA

Au moment où Floyd Mayweather flambe sur les rings, c’est un autre sport qui explose auprès des amateurs de sports de combat : le Mixed Martial Arts (MMA). Irrité par cet engouement, « MadWeather » multiplie les sorties dans la presse pour crier son mépris. Jusqu’au jour où, sur Fox Sports, il déclare : « Je peux battre n’importe quel athlète dans sa discipline. Dites-moi où et quand, je les mettrai tous à genoux. Qu’ils viennent sur le ring et j’irai sur le tatami, la cage ou ailleurs. »

Le 26 août 2017, Floyd Mayweather est sorti de sa retraite pour affronter le combattant de MMA Conor McGregor dans le cadre d’un combat de boxe. Crédits : John Gurzinski / AFP.

Les promoteurs ne ratent pas cette occasion, digne d’un film à la « Mortal Kombat ». C’est l’instant de gloire de l’indémodable fantasme qui consiste à savoir quel sport de combat est le meilleur, le plus efficace, le plus ultime. Ainsi, au cours d’une épopée qui durera près de trois ans, Floyd Mayweather défie Nick Diaz dans une cage de MMA, Servet Tazegül sur un tatami de taekwondo et Saeid Ahmadi en karaté, avant de les accueillir ensuite sur son terrain de jeu favori, le ring de boxe. Au cours de joutes fantasques, mais prises très au sérieux par les athlètes, « MadWeather » alterne victoires et défaites avant d’être rapidement rappelé par la réalité du noble art.

La chute

Pendant qu’il vadrouillait aux quatre coins du globe pour promouvoir la supériorité de la boxe, un certain Gennady Golovkin dit « GGG » a pris le contrôle des rings. Invaincu, le Kazakh de 72 kg terrasse tous ses adversaires grâce à la puissance de ses poings, digne des meilleurs poids lourds.

Les fans et les médias raffolent à l’avance d’un possible combat et multiplient les débats pour savoir qui remporterait cet affrontement. D’un côté, la folie de « MadWeather », de l’autre, la puissance de « GGG ». Après de longues négociations, les deux hommes se retrouvent finalement sur un ring improvisé à l’intérieur de l’AT&T Stadium, le stade de football américain des Dallas Cowboys, devant plus de 100 000 personnes.

Après 7 rounds âprement disputés, Floyd finit par céder devant la lourdeur des uppercuts de Golovkin. Le Kazakh frappe comme une mule et ne recule jamais dans les échanges. Déjà bien abîmé par sa carrière de casse-cou, Floyd Mayweather s’écroule de fatigue sous les assauts incessants de GGG. Le K.-O. est cinglant. Traumatisant même. Les médecins détecteront après le combat une commotion cérébrale chez l’Américain, forcé de prendre sa retraite à 40 ans, avec un bilan de 48 victoires pour 2 défaites.

Génie ou fou ?

Floyd raccroche donc les gants. Avant d’enfiler… des patins ! En effet, quelques mois après son départ des rings, il crée une équipe de hockey sur glace à Las Vegas, en plein désert ! La presse et les spécialistes le traitent de fou. « C’est sa commotion qui agit », « il n’a plus toute sa tête », peut-on lire et entendre dans les médias. Pour la Ligue majeure de hockey sur glace (NHL), une nouvelle équipe, appartenant qui plus est à Floyd Mayweather, c’est une occasion en or. Un coup de com’ à ne pas manquer.

Ainsi, après 82 matches de saison régulière et 23 matches de playoffs, le pari fou de MadWeather prend à revers l’univers du sport : sa franchise des Golden Knights remporte la Stanley Cup, le titre suprême en NHL. C’est la première fois dans l’histoire du hockey nord-américain qu’une équipe créée de toutes pièces remporte le trophée de champion dès sa première saison. Qu’il soit fou ou génie, Mayweather a réussi son pari. Devenu désormais une véritable machine à cash, sa promesse d’offrir une montre de luxe Hublot à ses joueurs à chaque série de playoffs remportée, lui vaut un nouveau surnom : Floyd « Money » Mayweather.

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Pef
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Pef

Genial !!! 😂