Julie Dromer, la Marseillaise en ligne de mire

À 34 ans, la Française part à la conquête des titres mondiaux de wakeboard à Buenos Aires (Argentine), du 15 au 23 février. 

Backflip sur module, frontflip en air trick, backblind… Ces figures techniques ne vous évoquent rien ? Elles font pourtant la renommée de Julie Dromer dans sa discipline, le wakeboard. Championne de France en Open (tous âges) en 2018 et championne d’Europe et d’Afrique catégorie Master (30-40 ans) la même année, la Française de 34 ans s’apprête à entamer les championnats du monde IWWF 2019 à Buenos Aires (Argentine).

Et ses objectifs demeurent très élevés. La Bordelaise part en effet à la conquête d’une première place dans les catégories Master (15 au 19 février) puis Open (19 au 23 février). Des titres mondiaux qu’elle n’a encore jamais obtenus. À quelques jours de la compétition, elle s’est confiée à Sport&Associés. Entretien.

Sport&Associés : Quel est ton état d’esprit à une semaine du début des championnats du monde ?

Julie Dromer : Concentrée et dans un état d’esprit positif ! Il y a forcément une part de stress, surtout avant de partir dans un pays (l’Argentine, NDLR) pour la première fois. Mais depuis que j’ai découvert le Pampa Cable Park (lieu des épreuves, NDLR) il y a quelques jours, je suis entrée dans ma compétition. La présence de plusieurs autres participants français aide aussi. Il y a une vraie cohésion.

Comment se prépare un tel événement de wakeboard ?

La respiration est déterminante dans le wakeboard, alors je travaille beaucoup là-dessus, notamment avec des séances de yoga. Mais c’est surtout la préparation en dehors de l’eau – gainage, abdos, course à pied – qui est très lourde. D’autant plus que, depuis le mois de novembre, je n’ai que très peu pratiqué le wakeboard en raison de la saison hivernale.

Quelle place tient le wakeboard dans ton quotidien ?

Je suis wakeboardeuse de haut niveau, mais pas professionnelle. Dans la vie de tous les jours, je suis coach en développement personnel à Bordeaux et Paris. En gros, j’aide des sportifs à se mettre en condition mentale pour atteindre leurs objectifs à court ou moyen terme. Cela me laisse une certaine liberté, avec des périodes plus pros et d’autres, plus sportives, comme actuellement entre février et mars. Le wakeboard offre peu de possibilités de carrière professionnelle (la France ne compte aucun wakeboardeur professionnel, NDLR)… Malgré cela, même si j’en avais eu la possibilité, je n’aurais probablement pas choisi cette voie.

Pourquoi ?

Car j’apprécie ma situation actuelle : j’ai à la fois mon métier et mon sport ! En plus, j’ai commencé le wakeboard à 27 ans, c’est tard pour commencer une carrière professionnelle.

Quels sont tes souvenirs les plus forts avec le wakeboard ?

Le jour où mon conjoint m’a offert ma première board représente beaucoup pour moi. C’est à la fois symbolique et le début d’une belle aventure sportive. La montée sur la plus haute marche du podium l’an dernier en Italie (lors du championnat d’Europe et d’Afrique IWWF 2018 catégorie Master, NDLR) restera également un moment unique. J’aurais eu une Marseillaise pour moi au moins une fois dans ma vie !

Qu’est-ce qui fait la force du wakeboard ?

Le wakeboard est un plaisir qui mêle exigence technique, prise de risques et créativité. C’est aussi un petit milieu avec une belle ambiance, il y a beaucoup de partage sur les parks français et, lors des compétitions, c’est toujours un plaisir de revoir les athlètes étrangers !

Un sport en expansion 

Le wakeboard se veut de ces sports individuels qui se vivent en groupe. Avec pas moins de 117 zones de wakeboard et ski nautique (dont 84 équipées d’un téléski nautique comme lors des principales compétitions), la France dispose de nombreux lieux de rassemblement pour les wakeboardeurs. Débutants ou confirmés, les pratiquants favorisent l’entraide et la sympathie, à l’image de la communauté Dahu Wake Family, créée fin 2015 par Joris Bruchet.

« En wakeboard et snowboard, le terme « zeach » désigne le fait de ne pas passer un obstacle de manière optimale. Il est devenu très péjoratif, attribué à des wakeboardeurs débutants ou peu élégants : certains disent « il zeach » comme les footeux diraient « c’est une chèvre » ou les gamers « c’est un noob » », explique Joris Bruchet. Et de souligner : « La Dahu Wake Family se construit à l’exact opposé de cette mentalité, le wakeboard a au contraire besoin de cohésion et de légèreté. » Ainsi, c’est via un groupe Facebook et une chaîne YouTube que le Bordelais de 36 ans informe, divertit et attise la flamme d’une passion commune : le wakeboard. Un projet fédérateur à l’origine de plusieurs séjours organisés à l’étranger avec en ligne de mire… l’ouverture prochaine d’un Dahu Wake Park !

À suivre…

 

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