Maillots mythiques – Épisode 1 : Fiorentina 1997-1999

Qui ne se souvient pas de Batistuta, de son maillot mythique et de son sponsor-phare ? Retour à une époque où les maillots avaient de la gueule. Et du sens.

« C’était mieux avant. » Cette phrase, on l’a tous pensée ou entendue au moins une fois dans notre vie. Que cela soit dans la mode, la musique, la littérature, la décoration et même dans le sport, le rétro est un véritable phénomène sociétal. Pourquoi ? La réponse tient en un mot : nostalgie.

Une madeleine de Proust sucrée, un paradis perdu, un fantasme de l’enfance. Propre à chacun, la nostalgie se caractérise systématiquement par une idéalisation du passé. Pour la génération Y, née entre 1980 et 2000, elle prend la forme d’une association, d’une rencontre entre un sport et un univers : le football et le jeu vidéo.

Les enfants de cette union sont nombreux et parmi eux, un maillot. Celui de la Fiorentina de 1997 à 1999. Vêtement vintage élevé au rang d’objet culte par toute une génération, son violet resplendissant et son logo Nintendo donnent aux 9 lettres de Batistuta floquées au dos un rayonnement éternel.

Amour à l’italienne

L’AC Milan de Gullit et van Basten, la Juventus de Zidane et Del Piero, les révolutions de Sacchi et Zeman, le charisme balle au pied de Roberto Baggio… Dans les années 1990, le championnat de football italien mêle joueurs extraordinaires, entraîneurs sulfureux et clubs qui brillent sur la scène européenne. Huit fois au cours de cette décennie, un club de Série A atteindra d’ailleurs la finale de la Ligue des champions1. Et par six fois, une équipe du Calcio battra le record du transfert le plus cher.

Au milieu de cette faune, un club moyen titille parfois les cadors tout en séduisant secrètement leurs fans : la Fiorentina. Le club de la ville de Florence attire tous les regards. Sa couleur violette, évidemment, joue pour beaucoup. Mais c’est surtout la générosité et la grinta de ses figures emblématiques qui font de la Viola une équipe qui restera dans les mémoires. Avec Francesco Toldo aux cages, Rui Costa en chef d’orchestre et Gabriel Batistuta en saint patron de l’attaque florentine, les joueurs de la Fiorentina illuminent la Toscane. Pourtant, aucun ne rivalise avec l’aura de Batistuta. Auteur de 207 buts en 333 matches, « Batigoal » de son surnom a passé près d’une décennie dans les rangs de la Viola (1991-2000), incarnant ainsi à lui seul cette magie nostalgique. Plus qu’un bon joueur l’Argentin est un talent générationnel. Une vision, une insolence et une allure.

Batistuta, c’est aussi cette image du football argentin, exotique et technique qu’on rêve tous de voir gagner. Comme en 1998, à l’occasion de la Coupe du monde. Glamour au possible, la sélection argentine, emmenée par « Batigoal » et ses 5 buts en 5 matches, conquiert le cœur des fans… avant de le déchirer en se faisant éliminer en quart de finale par les Pays-Bas (2-1).

« Bienvenue dans le futur »

Si ce maillot de la Fiorentina est aussi mythique, c’est également en raison de son sponsor, Nintendo. Si la décennie 1990 est contrastée pour le créateur de jeux vidéo qui peine à rivaliser face au géant Sony qui vient de lancer la PlayStation, il peut se réfugier derrière ses personnages cultes : Mario Kart, GoldenEye 007, Zelda, Donkey Kong ou encore Pokémon. Avec ses jeux-phares, disponibles uniquement sur N64 et Game Boy, Nintendo entre de plain-pied dans la pop culture. Sortie en 1998, « La légende de Zelda : l’ocarina du temps » battra même tous les records de préventes pour un jeu vidéo. Son succès phénoménal lui vaudra d’ailleurs d’être citée dans le Guiness Book des records avec 2,5 millions de copies vendues en à peine 39 jours.

Bien plus efficace pour rester gravé dans les mémoires que ces mauvais slogans tous azimuts : « Vous n’en reviendrez pas », « Ressentez tout n’importe où », « Bienvenue dans le futur », « Un jeu 3D pour un monde 3D », « Vous jouez maintenant avec la puissance portable », « Changez le système », « La vie avancée »…

Le maillot

  1. Sampdoria, AC Milan (4 fois), Juventus (3 fois)

Poster un Commentaire

avatar
  Suivre la conversation  
Me notifier des